L'histoire d'un fichier Excel partagé entre potes freelances qui est devenu, sept ans plus tard, l'outil que je rêvais d'avoir à 19 ans.
Je viens d'avoir le bac. Pendant que mes potes partent en vacances, je m'inscris à l'URSSAF et je crée mon auto-entreprise en création de sites internet. J'avais commencé à bricoler du HTML au lycée, et j'avais déjà deux clients qui attendaient.
Premier mois : 1 200 € de chiffre d'affaires. Je me dis « génial, je peux m'acheter le MacBook ». Trois mois plus tard, l'URSSAF prélève 270 € que je n'avais pas mis de côté. Je termine l'année avec 80 € sur le compte et un beau crédit MacBook à rembourser.
Pendant les vacances de Noël, je m'enferme deux jours avec mon ordi et je me construis un fichier Excel maison. Une feuille par mois. Une colonne pour le CA brut, une colonne pour ce que l'URSSAF allait me piquer, une autre pour la CFE, et tout en bas, en gros, en gras, en jaune fluo : combien il me reste vraiment.
Pour la première fois de ma vie, je savais à 5 € près combien j'avais le droit de dépenser sans me mettre dans le rouge. Le sentiment était… presque irréel.
Au fur et à mesure que mon réseau de freelances grandit, le même scénario se répète à chaque dîner, chaque coworking, chaque DM Instagram :
Je l'envoyais. À tout le monde. Mais à chaque fois, la même galère : le fichier finissait cassé. Quelqu'un effaçait une formule, un autre changeait le taux URSSAF en dur, une troisième ajoutait des onglets qui pétaient les références. Je passais mes soirées à dépanner des gens à distance.
« Tu devrais en faire une app » — j'ai dû entendre cette phrase une centaine de fois. Mais je n'étais pas développeur d'app, je faisais des sites vitrines. L'idée me tournait dans la tête, mais je ne savais pas par où commencer.
Début 2025, je commence à utiliser sérieusement les outils d'IA et les nouveaux frameworks pour mes clients. Et un soir, en remettant à jour mon fichier Excel pour la énième fois, j'ai un déclic :
J'arrête mes deux clients les moins prioritaires. Je consacre mes soirées et mes week-ends pendant six mois à construire ce qui allait devenir keskireste. Pas un ERP. Pas une plateforme de comptabilité. Juste mon Excel, en propre, en temps réel, accessible à tous.
keskireste, c'est mon fichier Excel — sans les bugs, sans les onglets cassés, sans avoir à m'envoyer un message le 15 du mois pour demander la nouvelle version. C'est aussi ce que je n'aurais jamais pu coder seul dans Excel : un coach IA qui regarde tes chiffres et te dit quoi faire, des factures PDF générées en un clic, une projection annuelle qui anticipe avant que la mauvaise surprise n'arrive.
Mais l'idée de base, elle n'a pas bougé d'un millimètre depuis cette nuit de décembre 2018. Une seule question. Combien il me reste vraiment ?
L'app entière est construite autour d'un chiffre : ce qu'il te reste vraiment. Tout le reste — les graphes, les filtres, les rapports — n'existe que pour rendre ce chiffre plus précis.
Le tableur, je l'expliquais à mes amis sans jargon. L'app pareil. Pas de “P&L”, pas de “trésorerie nette d'exploitation”. Tu rentres tes revenus, tes dépenses, tu regardes ce qui reste.
L'objectif n'a jamais été de faire de la compta propre. C'est de t'éviter le coup du « mince, je croyais avoir 8 000 € ». Si l'app fait ça, elle a gagné.
Sept jours gratuits. Sans engagement. Sans carte bancaire à dégainer. Juste l'outil que j'aurais aimé avoir à 19 ans.